Le PVT façon digital nomad !
Le Japon attire de nombreux touristes chaque année, mais également des visiteurs qui souhaitent y vivre une expérience plus longue, notamment en profitant de visas tels que le Permis Vacances-Travail. Et parmi ces voyageurs qui souhaitent se lancer dans une telle entreprise, certains rêvent de pouvoir explorer en toute liberté l’Archipel nippon. Or, le Japon n’offre que peu de flexibilité pour ceux qui voudraient adhérer au nomadisme. Avec beaucoup de planification, nous nous sommes toutefois lancées dans cette aventure, qui s’avéra être une expérience incroyable ! Nous désirons donc, à travers cet article, donner quelques pistes et astuces aux prochains PVTistes nomades.

La domiciliation : un parcours du combattant
Lors de votre arrivée au Japon, il vous faudra enregistrer une adresse à votre mairie de quartier pour qu’elle soit notifiée au dos de votre carte de résident (cela permettra notamment de recevoir certains papiers administratifs, notamment ceux de la sécurité sociale japonaise), qui vous sera remise dès l’aéroport. Pour cela, vous allez avoir besoin d’une adresse japonaise, et c’est là que l’affaire se corse, car il y a deux sons de cloches : tandis qu’il est courant pour les PVTistes de renseigner comme première adresse celle de leur auberge de jeunesse, de leur hôtel ou de leur sharehouse (car l’enregistrement à la mairie doit s’effectuer dans les quinze premiers jours après leur arrivée), il s’avère qu’il n’est en réalité pas possible d’utiliser un hôtel ou une location mensuelle comme adresse d’enregistrement. Lors de notre investigation, de nombreux établissements, tels que Guesthouse toco, Akihabara Bay Hotel, Toyoko Tokyo SA Ryokan, Glamping Tokyo Asakusa, Sakura Hostel Asakusa et Spa & Capsule Hotel Grandpark Inn Kitasenju, ont répondu en effet qu’il était impossible d’utiliser leur adresse, puisque ce sont des lieux d’activité commerciale, et non des lieux de résidence. Néanmoins, les adresses d’hébergement en coliving sont censées être acceptées : la preuve, le couple de PVTistes interviewé dans le Japan Magazine n° 12 — Partir télétravailler au Japon — avait procédé à leur enregistrement avec un contrat d’un an dans une sharehouse — Social Apartement — sans problème, à Osaka.

Enfin, les PVTistes itinérants seront confrontés à un autre problème : s’ils ne restent pas dans le même logement pendant toute la durée de leur PVT, ils sont tenus de déclarer chaque déménagement à leur mairie, et d’ainsi de se réenregistrer à la mairie de leur nouveau lieu de résidence (en présentant le papier de départ de la mairie précédente). Cela montre la nécessité de trouver un hébergement en début de séjour qui accepte que vous utilisiez leur adresse pour votre carte de résident, notamment pour ceux qui commencent par une expérience Wwoofing ou qui comptent uniquement faire de l’itinérance…
Solution n°1 : Utiliser l’adresse de quelqu’un au Japon avec son accord. Faut-il pour cela néanmoins connaître quelqu’un sur place…
Solution n°2 : Si vous restez dans une sharehouse pendant toute la durée de votre visa, déclarez cette adresse en précisant qu’il s’agit bien d’un lieu de résidence. Cette option ne convient toutefois pas aux PVTistes nomades.
Solution n°3 : Si vous êtes un PVTiste itinérant, et que vous prévoyez de rester par intermittence dans des sharehouses, déclarez vos changements d’adresse à chaque fois que vous entrez/sortez d’une sharehouse. Il existe de nombreuses entreprises proposant des solutions de coliving, comme Sakura House, Oak House, ou encore Chez Yamabiko, une maison partagée pour les femmes francophones.
Solution n° 4 : Si vous prévoyez de changer régulièrement d’hébergements (hors sharehouses), ciblez en début de séjour un hébergement qui accepte que vous utilisiez son adresse pour toute la durée de votre séjour. Toutefois, il vous faudra vous armer de patience, car d’une part, peu d’hébergements acceptent un tel compromis, et d’autre part, vous devrez attendre la validation de l’immigration avant de pouvoir souffler…
Solution n° 5 : Enfin, il est possible ne pas renseigner d’adresse. Après notre passage à la mairie de Toshima à Tokyo, et face à l’impossibilité d’enregistrer l’adresse temporaire que nous avions, le personnel administratif nous a confirmé que nous pouvions, faute de solution, circuler au Japon sans adresse fixe. Cela impliquait cependant que nous ne pourrions cotiser à la sécurité sociale japonaise, faute de pouvoir recevoir les documents par voie postale. Il faudra dès lors vous appuyer exclusivement sur votre assurance internationale.
Attention : Attention, demandez bien l’autorisation des propriétaires de votre AirBnB si vous pouvez utiliser leur adresse pour faire votre carte de résident.

La langue japonaise
Nous ne saurions que vous conseiller d’apprendre quelques phrases en japonais (les salutations, les honorifiques, ainsi que les formules de politesse) afin de pouvoir communiquer et comprendre les signalisations les plus communes. Pour cela, vous pouvez vous appuyer sur des guides de conversation, des livres de grammaire, aussi bien que sur des applications mobiles, qu’elles soient payantes ou gratuites.
Conseil : Apprenez à reconnaître les kanji utiles dans la vie de tous les jours, que ce soit pour les transports, la nourriture, les onsen (男homme/女 femme), etc. Pour ceux ayant des allergies ou des régimes alimentaires spécifiques, notez-vous quelque part une phrase en japonais pour expliquer votre situation.

Les applications utiles :
- VoiceTra, qui permet d’écrire ou de parler en français et en japonais.
- Google Lens, qui permet de traduire le texte compris dans une image.
Le permis de conduire
Le permis international n’étant pas reconnu au Japon, les PVTistes qui souhaitent conduire dans l’Archipel devront obtenir une traduction certifiée de leur permis de conduire français par la Japan Automobile Federation. Sans ce papier, il sera impossible de louer ou conduire un véhicule, et cela inclut les célèbres balades en kart à Tokyo.
Plusieurs options semblent alors s’offrir à vous :
Option n°1 : Faire traduire votre permis de conduire à distance — soit avant votre séjour — en adressant un courrier directement à la JAF. Il faudra alors joindre les documents demandés ainsi que les frais de traduction (~3 000 yens en cash) ainsi qu’une enveloppe retour affranchie (précisez à la Poste que vous envoyez de l’argent liquide pour qu’ils vous donnent une lettre adéquate). Une fois les documents envoyés, la JAF vous retournera alors la traduction dans un délai d’environ deux semaines. La traduction est valable une année à compter de la date d’entrée sur le territoire.
Option n°2 : Faire traduire votre permis par une agence avant votre séjour. Plusieurs entreprises se partagent le marché, telles que Keikaku, Japan Experience ou encore Destination Japon.
Option n°3 : Demander en ligne la traduction de votre permis de conduire à la JAF [https://english.jaf.or.jp/] une fois au Japon (ce site Internet n’est pas accessible depuis l’étranger) et imprimez-le ensuite dans un konbini.
Option n°4 : Se présenter directement à un des guichets de la JAF une fois sur place (liste ici : https://english.jaf.or.jp/contact/international-services). Cependant, il semblerait que les étrangers doivent prendre rendez-vous par téléphone pour réserver un créneau de passage selon les succursales. Des délais d’attente peuvent également être longs, jusqu’à plusieurs semaines… D’autres voyageurs semblent avoir été reçus sans rendez-vous préalable à Tokyo. Enfin, attention aux documents qui pourraient vous être demandés, comme une attestation de domicile fournie par votre mairie japonaise, ou encore une attestation prouvant que vous êtes resté un certain nombre de mois après l’obtention du permis dans votre pays de résidence…

Note : Apparemment, il n’y a pas d’agence de la JAF à Okinawa. Prévoyez donc de faire traduire votre permis avant votre voyage ou de faire une étape sur le « continent » avant. Faites attention également à la période de votre voyage : lors de la Golden Week, les bureaux de la JAF sont fermés.
À savoir : Lorsque vous conduisez, lors d’un contrôle, il vous faudra être en possession de votre permis de conduire d’origine, de la traduction certifiée par la JAF, ainsi que votre passeport. D’ailleurs, vous êtes censé avoir toujours sur vous votre carte de résident comme document d’identité.

Préparer son sac ou sa valise
Que vous soyez plutôt team sac à dos ou team valise, cela n’aura que peu d’importance. Ce qui est primordial, c’est d’apporter avec vous les vêtements et accessoires qui vous seront utiles pendant votre séjour, sans pour autant vous charger. Sachez qu’il sera possible d’acheter tout ce dont vous aurez besoin (répulsif antimoustique, crème solaire, etc.) une fois sur place. Inutile donc de vous surcharger comme les deux comparses dans le film Saint-Jacques… La Mecque de Coline Serreau.
Les facteurs à prendre en compte
Le poids : Le sac se doit d’être « léger », soit moins de 10 % de votre poids total. Interrogez-vous si vous avez réellement besoin d’une gourde filtrante ou en aluminium, d’une lampe frontale, de vos lentilles avec leur support et leur imposant flacon, ou encore de votre liseuse numérique. Un oriculi, un mini-peigne, une brosse à dents et du dentifrice, et votre trousse de toilette (hors trousse à pharmacie) est quasi-prête !
La multifonction : N’emportez que des accessoires utiles, ergonomiques ou multiusages. Par exemple, sélectionnez si possible des vêtements que vous pourriez utiliser pour « voyager », mais également pour vous relaxer, voire pour travailler si vous prévoyez de faire des volontariats ou des arubaito. De même, il n’est pas courant, voire mal vu, au Japon, de mettre du parfum : abstenez-vous donc de placer un flacon de cet élixir dans votre valise, cela fera toujours du poids en moins, et de l’espace pour autre chose ! Enfin, privilégiez des paires de chaussettes de la même couleur, afin de pouvoir les appareiller facilement si l’une d’entre elles venez à s’égarer en cours de route…
Une garde-robe « tout terrain » : Emmenez avec vous des vêtements pour faire face à toutes les saisons et à vos besoins, mais en petite quantité. Vous trouverez aisément des laveries automatiques sur place pour avoir toujours du linge propre.
Conseils : L’épilation définitive peut être une option pratique — mais coûteuse — si vous souhaitez être tranquilles en voyage. Cela évitera d’apporter avec vous le rasoir ou l’épilateur électrique. De même, pour éviter d’apporter plusieurs vos plaquettes de pilules chères mesdames, l’implant contraceptif peut être une solution. Pour ces deux démarches, prenez-y par contre plusieurs mois à l’avance avant votre départ.

Travailler en tant qu’indépendant
Lorsque nous nous sommes lancées dans cette année de PVT, nous savions qu’il serait important pour nous d’avoir des moments de repos et des lieux adéquats pour travailler au calme. N’hésitez donc pas à comparer les différentes options d’hébergement (hostel, capsule hotels, sharehouses) et à choisir l’offre qui correspondra le plus à vos besoins, en vérifiant les services disponibles tels qu’une cuisine partagée, une WIFI de qualité, une isolation sonore/thermique suffisante ou la localisation dans un quartier peu animé, etc.
Comme partout ailleurs dans le monde, il est également possible de travailler avec votre ordinateur dans n’importe quel Starbucks. Certains magasins de la chaîne de café Doutor offrent des tables équipées de prises et de séparations en plastique pour travailler. Lorsqu’aucune installation ne semble prévue à cet effet, n’hésitez pas à demander au personnel des cafés si vous pouvez vous attabler avec votre ordinateur.
Important : Nous vous conseillons de comparer les différentes offres (eSim, pocket Wifi) afin d’avoir accès à une connexion Internet tout au long de votre itinérance. Cela vous permettra de pouvoir travailler autant dans les cafés que dans les trains lors de vos déplacements. Il existe même des « box » dans certaines gares pour travailler dans un espace aménagé et couper du brouhaha ambiant. Attention à bien vous renseigner sur les limites en termes de partage de données. Vous pouvez très bien avoir une offre de plusieurs Go, et n’être qu’un nombre limité de données accessibles au partage de connexion.
Conseils : Prenez avec vous un adaptateur avec plusieurs ports USB pour connecter plusieurs appareils électroniques, ainsi qu’une carte SD ou un disque dur léger pour sauvegarder des photos et fichiers, ou bien de l’espace de stockage numérique. Enfin, si vous prévoyez de faire des randonnées ou de longs trajets en voiture en utilisant le GPS de votre téléphone, une batterie externe pourra s’avérer utile.
Nous espérons que cet article vous aura permis de vous évader, et qu’il aura été utile pour les voyageurs préparant un PVT en itinérance au Japon. Bon séjour aux futurs aventuriers !

