« L’insouciance se définit justement parce qu’il est impossible de la déceler au moment même où on la vit. A l’image d’une particule élémentaire, elle perd de son charme et de ses possibilités dès lors qu’on se décide à la mesurer. »
Yumiko a 33 ans et, sur le papier, c’est le naufrage : plus de travail, plus de fiancé, une santé fragile et un retour forcé chez ses parents. Mais ce qui pèse le plus c’est la disparition de l’inspiration…
C’est l’arrivée de sa jeune nièce qui va tout changer : cette enfant traîne dans ses bagages des yokai, ces esprits du folklore japonais. Tout ce petit monde va bousculer la réalité de Yumiko et la forcer à renouer avec ses racines pour mieux se retrouver.
L’auteur réussit ici le pari de mélanger la dureté d’une crise existentielle avec le merveilleux des légendes japonaises. On ne lit pas seulement Yumiko Prime, on l’observe comme un film d’animation : les esprits ne sont pas là pour faire peur mais pour servir de miroirs aux émotions de l’héroïne. Par ailleurs, au-delà du fantastique, c’est une très belle réflexion sur la transmission et la manière dont nos origines peuvent devenir une boussole quand on se sent perdu dans le brouillard du présent.
Si vous aimez la littérature qui explore la mélancolie urbaine avec une touche de magie, ce livre est une parenthèse enchantée. C’est un roman qui fait du bien, sans être simpliste, et qui nous rappelle que l’insouciance est une particule élémentaire qu’il faut savoir chérir.
Informations
TITRE : Yumiko Prime
AUTEUR : Thibault Merckel
ÉDITEUR : Éditions du Panthéon
PARUTION : 14 mai 2024
PAGES : 216 pages
PRIX : 20,90€