Nous avons eu le plaisir de pouvoir poser quelques questions aux éditions Véga, un des acteurs majeurs de la diffusion du manga dans l’Hexagone. Découvrez dès à présent leurs réponses !
Comment ont émergé les éditions Vega ? Et quels sont les titres phares qui ont impulsé les débuts de la maison d’édition ?
VEGA a été fondée en 2018 par Stéphane Ferrand, puis rachetée par Dupuis, maison d’édition du groupe Media Participations. En 2024, Kadokawa a investi à hauteur de 51 %, devenant actionnaire majoritaire dans la joint-venture et permettant à VEGA de sourcer directement ses titres au Japon chez le plus grand éditeur.

Votre catalogue contient de nombreux titres aux intrigues et univers très diversifiés (Manchuria Opium Squad, Le Bateau de Thésée, Cher époux inconnu, je veux divorcer, Love of kill, Permettez que je goûte votre sang, Minato’s Coin Laundry, Love Bullet, Yakuza Zen, Yano, une vie ordinaire, Les Premières amours difficiles d’Akira Momose, pour ne citer qu’eux). En quels termes décririez-vous par conséquent votre ligne éditoriale ?
Grâce à l’appui de son actionnaire Kadokawa, VEGA a la chance de pouvoir être un véritable laboratoire expérimental, ce qui nous permet de tester différents genres et de nombreux thèmes. Nous privilégions néanmoins le seinen.
Petite demande de précision : Sur votre site, les catégories « young seinen » et « shojosei » sont évoqués. À quoi correspondent-il exactement ?
« Young seinen » nous permet de désigner la catégorie d’âge se situant entre le shonen et le seinen. De la même façon, « Shojosei » désigne la catégorie d’âge entre le shojo et le josei.
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots vos 4 labels (Vega, Lyr, Alpha, KFactory) ?
VEGA = tout le catalogue, avec un focus particulier sur le seinen
LYR = Light Novel
ALPHA = manga d’auteur
KFactory = webtoon
Comment choisissez les œuvres originales japonaises à traduire ? Est-ce uniquement des titres issus de l’éditeur Kadokawa ?
Notre équipe éditoriale ainsi que nos scouts lisent des manuscrits tout juste parus ou en cours de parution au Japon. L’équipe marketing vient en appui pour repérer le potentiel commercial des titres. 70 % environ de nos titres viennent de chez Kadokawa, mais nous éditons également des titres d’autres ayant-droits.
De même, avec des séries comme Finding Camellia, Un Mari d’enfer ou encore La Méchante est une marionnette, votre catalogue s’étoffe de plus en plus de manhwa. Comment choisissez-vous les titres à intégrer à votre label K Factory ?
Même processus que pour nos mangas.
Certains de vos titres sont réalisés par des auteurs non japonais, comme Arena du Chef Otaku et Clarity, ou encore Graaaal ! de Luciano Damiano. Est-ce une volonté de promouvoir un manga pluriel et protéiforme ?
Tout à fait, notre catalogue comprend une partie « manga de création » qui nous permet de soutenir et éditer des auteurices européen. n.e. s dans leur projet.
Des manhua (pendants chinois du manga) sont-ils à prévoir dans votre catalogue dans le futur ?
Pas pour le moment, notre focus principal reste le seinen pour 2027.

Quelles sont les sorties à ne surtout pas manquer dans les semaines/mois à venir ?
Le tome 2 de Love Bullet 😉 RDV fin octobre 2027. Nous réservons bien sûr quelques surprises pour l’année 2027 !
Comment s’organise et travaille l’équipe en charge des traductions ? Par exemple, lorsqu’il y a des tournures de phrases particulières ou des références culturelles spécifiques au pays d’origine de l’œuvre, comment décidez-vous de la meilleure traduction à adopter ?
Nous travaillons avec des traducteurs et traductrices professionnels. Un test est demandé systématiquement ce qui nous permet rapidement d’identifier d’éventuel failles ou faiblesses. Aujourd’hui nous avons une quinzaine de partenaires en qui nous avons toute confiance. Si vraiment un récit demande une attention particulière ou une connaissance profonde du sujet nous pouvons faire appel à un expert de ce domaine pour relire et vérifier, mais la plupart du temps nous demandons à nos correcteurs et à nos éditeurs de faire cette vérification. Les cas d’hésitation de traduction sont finalement assez peu courants. En dernier recours nous pouvons toujours écrire à l’éditeur japonais qui transmettra nos demandes à l’artiste derrière le manga.
Y a-t-il des thèmes/sujets (ou des situations « en dessin ») que vous vous refusez de représenter ? Si oui, lesquel.le. s et pour quelles raisons ?
Jusqu’à maintenant, le cas ne s’est pas posé. Nous ne publions en revanche pas de manga érotiques.
Savez-vous quelle est la typologie de vos lecteurs ? Votre lectorat a-t-il évolué depuis les débuts de votre maison d’édition ?
Notre lectorat est très varié puisque nos titres vont du kodomo au manga d’auteur. Nous retrouvons aussi bien de jeunes enfants (ex. : notre coédition avec le Seuil de Sukeroku, un petit hamster qui découvre la vie) que des cinquantenaires fans de SF (ex. : l’univers Mobile Suit Gundam). Nous constatons néanmoins que les jeunes femmes sont de plus en plus présentes au sein de notre lectorat, notamment grâce à la publication de shojo et josei, ainsi que par l’arrivée de boy’s love et yuri au sein de notre catalogue.
À quels évènements et/ou festivals êtes-vous présents chaque année ? Quels sont les « rendez-vous » à ne pas manquer pour pouvoir vous rencontrer ?
Concernant les plus gros festivals : Japan Expo évidemment, pourquoi pas un retour à Made In Asia comme en 2025.
Nous parcourons la France entière toute l’année avec notre maison d’édition cousine, Kana, et sommes présents à beaucoup de conventions avec un stand commun (Paris Manga, la foire du Livre, Animasia, Heroes Tour, Japan Expo Sud, Angers Geekfest, Japan Tours festival…)
Un mot pour la fin ?
Que les lecteurices qui nous lisent n’hésitent pas à nous soumettre leurs envies de publication, nous soumettons toutes les demandes à notre équipe éditoriales et essayons de satisfaire autant que possible les demandes !



