Avec Véronique Brindeau, le Japon n’est jamais un simple décor.
Autrice et traductrice dont la réputation n’est plus à faire, elle explore les silences, les traces et les formes de mémoire discrètes de ce pays qu’elle connaît par cœur. Fine connaisseuse de la culture nippone, elle enseigne en parallèle l’histoire de la musique japonaise à l’Institut national des langues et civilisations orientales.
Dans son nouveau livre, Véronique Brindeau s’intéresse aux arbres qui ont survécu au tristement célèbre bombardement de Nagasaki de1945. S’il a été véritablement destructeur, certains arbres ont résisté et peuvent être considérés comme des survivants, discrets mais bien vivants. Ils sont au nombre de 50, reconnaissables par leurs troncs penchés ou marqués par les brûlures, et sont appelés hibaku jumoku, signifiant « survivants de la bombe ». En 2024, par le biais de l’organisation des survivants d’Hiroshima et Nagasaki, ces derniers ont été décorés du Prix Nobel de la Paix et sont devenus des symboles de résistance et de résilience face au nucléaire.
L’auteure rend ainsi hommage à ces survivants dans un texte délicat et contemplatif, construit comme une promenade. Entre descriptions botaniques et méditation, elle ne rend pas la catastrophe spectaculaire mais l’inscrit dans l’écorce. Dans ce texte, l’écriture délicate de l’auteure épouse le rythme des arbres eux-mêmes, attentive à ce qui persiste. Ces arbres ne sont ni des monuments, ni des reliques, mais ils incarnent une mémoire fragile, bien que solidement enracinée dans le présent.

Informations
TITRE : Les arbres de Nagasaki
AUTRICE : Véronique Brindeau
ÉDITEUR : Arléa éditions
PARUTION : 05 mars 2026
PAGES : 88 pages
PRIX : 13€